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Projets de Recherche soutenus par l’ÉSPÉ LNF en 2019

Pour la 5ème année, l’ESPE LNF a reconduit son dispositif d’aide aux projets de recherche touchant au domaine de l’éducation, toutes entrées disciplinaires confondues. La commission Recherche ESPE LNF s’est réunie le 25 juin 2019 pour sélectionner les projets retenus pour un financement sur 2019/2020.

L’ESPE LNF soutiendra, pour l’année 2019-2020, les projets suivants ...

"L’apprentissage des langues au-delà de la salle de classe dans un contexte multilingue", un projet porté par BARNA Judith, MCF chargée de mission LVE master MEEF ESPE LNF, RECIFES (UDL) :

L’apprentissage et l’enseignement des langues vivantes étrangères suscitent actuellement des questions vives suite à la publication de plusieurs rapports mettant en exergue à la fois le faible niveau des français en LVE et les défaillances de l’enseignement institutionnel des LVE. En même temps les technologies numériques et les réseaux sociaux augmentent considérablement la possibilité d’utiliser les LVE de manière authentique dans des contextes informels. Notre projet de recherche à deux objectifs : d’une part, nous souhaitons appréhender la pluralité et l’hétérogénéité du répertoire linguistique des futurs enseignants qui vont enseigner des langues vivantes. D’autre part nous tentons d’examiner le rôle que l’apprentissage des LVE en dehors de la classe joue dans le développement du répertoire plurilingue et de la compétence interculturelle des étudiants master MEEF et la façon dont ce type d’apprentissage peut enrichir le répertoire didactique des futurs enseignants.

"Vers une reconfiguration des pratiques de philosophie à l’école primaire ?", un projet porté par BERTON Bettina, MCF UDL, CIREL (UDL) :

Des pratiques de philosophie en école primaire se développent en France depuis une trentaine d’années, sans parvenir à une stabilité satisfaisante. Ce projet, de nature collaborative associant chercheurs et enseignants de terrain, se donne quatre objets : définir des manières de parler-penser spécifiquement philosophiques et étudier comment les opérationnaliser ; examiner les tensions qui régissent le développement des concepts socio-moraux et d’un jugement moral autonome ; étudier la place de la médiation éducative de l’enseignant, en tant qu’ instrument de développement professionnel et de développement socio-moral pour les élèves ; déterminer comment accéder à une pensée critique nécessaire d’objets en émergence : « théories complotistes », « fake news ». L’enjeu est de contribuer au renouvellement des conceptions, des pratiques et de la formation autour de la philosophie en cycle 2 et 3.

"L’informatique au féminin : déjouer les déterminismes", un projet porté par BOLKA TABARY Laure, MCF UDL, GERiiiCO (UDL) :

Alors que la réforme des lycées prévoit une triple spécialisation dès la première, avec la possibilité de choisir la spécialité “Numérique et sciences informatiques”, et qu’un CAPES dédié sera mis en place en 2020, nous souhaitons analyser la manière dont un dispositif de sensibilisation à l’informatique et au numérique peut permettre de faire évoluer les représentations de collégiennes et lycéennes. Il s’agit d’identifier les leviers et les blocages concernant une orientation vers une spécialisation en informatique au lycée. Pour cela, nous observerons le déploiement du dispositif Wi-Filles dans les collèges et lycées de la MEL et la place des activités de codage proposés par le programme Informatique au Féminin. Il s’agit d’effectuer des observations ethnographiques, de réaliser des enquêtes par questionnaires et de réaliser des entretiens semi-directifs avec les jeunes filles.

"Liens langage oral et écrit chez les élèves allophones", un projet porté par CASALIS Séverine, PU UDL, SCALab (UDL) :

Chez les enfants scolarisés en langue maternelle, les compétences en langage oral constituent des prédicteurs forts des compétences en lecture. Chaque niveau linguistique est relié à un niveau de maîtrise de l’écrit : les compétences phonologiques prédisent la maîtrise du principe alphabétique et du décodage, le vocabulaire et le traitement morphologique sont en lien avec la fluidité en lecture et la compréhension, tandis que le traitement syntaxique écrit est directement relié au traitement syntaxique oral. Chez les enfants allophones, primo-arrivants apprenant le français, les liens entre les compétences orales et écrites pourraient être plus distendues et moins spécifiques. L’objectif du projet est d’étudier ces liens de façon à pouvoir par la suite de développer des outils d’évaluation appropriés à cette population, et de proposer des outils d’intervention ciblée.

"Projet Musée emportable ou comment démocratiser les pratiques culturelles ?", un projet porté par COHEN-AZRIA Cora, MCF HdR UDL, CIREL (UDL) :

Le musée (em)portable est un festival organisé par le Museum Experts qui a pour fonction de valoriser les lieux de culture que sont les musées. Le premier festival a vu le jour en 2012. Ce n’est qu’en 2016 que le public scolaire y est intégré. Les performances soumises à la compétition sont des films de trois minutes au format avi, .mov ou .mp4 2Go maximum, ils traitent du musée : les collections, les expositions, les activités culturelles, les coulisses, etc. Nous souhaitons développer une recherche-action avec les enseignants impliqués dans ce projet pour évaluer le développement de leurs compétences professionnelles (effets sur les pratiques des enseignants), le développement des pratiques artistiques et culturelles des élèves (créativité, expérience esthétique, rapport au musée et à la culture en général) et travailler également sur les représentations des scolaires autour des musées pour avancer la réflexion didactique sur les relations entre Ecole et Musée.

"Difficultés et vulnérabilités des acteurs éducatifs sur les territoires (XIXe-XXe siècles) : entre indifférence, remédiation et prévention ?", un projet porté par CONDETTE Jean-François, PU ESPE LNF, CREHS (Université d’Artois) :

Dans la suite directe du projet développé sur les trois années antérieures et soutenue par l’ESPE-LNF et le CREHS de l’Université d’Artois, sur « L’histoire renouvelée des élèves » (voir bilan) ce projet propose d’approfondir certaines thématiques repérées mais peu développées tout en élargissant l’analyse aux autres acteurs éducatifs que sont les enseignants et les étudiants. Il s’agit ici de travailler (sur plusieurs années) sur les difficultés et vulnérabilités des acteurs éducatifs sur les territoires (XIXe-XXe siècles) : entre indifférence, remédiation et prévention ? Comment le système éducatif en construction, sur ces deux siècles, prend-il en compte (ou pas) les difficultés et vulnérabilités (d’accès à l’Ecole dans ses diverses structures selon la condition sociale de l’élève ou de l’étudiant, de réussite scolaire, difficultés des enseignants eux-mêmes) rencontrées par ces acteurs pluriels et quelles remédiations propose-t-il, au niveau national ou local, en lien avec la diversité des contextes rencontrés ?

"PRESCOLEVAL", un projet porté par CONDETTE Sylvie, MCF UDL, CIREL (UDL) :

Soutenu par l’ESPE-LNF depuis 2017, le projet est centré sur la première scolarisation des enfants, les conditions et les effets de sa mise en œuvre. Dans une première étape, l’équipe de recherche (incluant des praticiens – personnels d’encadrement et d’enseignement, services de la petite enfance) a examiné les formes de réticence, de résistance ou de retrait que certaines familles développent vis-à-vis de l’école. Prenant appui sur les résultats publiés dans le rapport de recherche (cf références bibliographiques), l’équipe a poursuivi ses investigations en analysant quelques dispositifs originaux favorisant la scolarisation précoce. Notre étude entame ici une troisième phase qui tiendra compte d’un paramètre nouveau, le déploiement de l’instruction obligatoire à l’âge de 3 ans pour tous les enfants dès la rentrée scolaire 2019. Nous nous intéresserons en particulier aux gestes professionnels et aux compétences mobilisées par les enseignants et encadrants éducatifs pour développer un accueil adapté et accompagner le développement positif des enfants/élèves au long de leur scolarité.

"Escape Game au service de l’enseignement", un projet porté par COURDENT Albine, MCF ESPE LNF, LBHE (Université d’Artois) :

Les pédagogies basées sur l’usage de Learning Games sont en plein essor. Elles sont en effet susceptibles de solliciter la motivation des apprenants et de leur permettre de développer des savoirs et des savoirs faire à l’occasion d’immersions dans des situations d’apprentissage complexes. Nous nous demandons dans ce projet dans quelle mesure une dynamique de formation à/ par un Escape Game permet d’accroître la professionnalité enseignante et les apprentissages des élèves. Nous chercherons donc à identifier les conditions d’appropriation par les enseignants de ces formations et à mettre en évidence leur incidence sur le développement de leurs compétences professionnelles dans le cadre de leurs pratiques de classe. Nous caractériserons aussi des manières de scénariser les Escape Games pour définir les conditions propices à mener des apprentissages en classe et hors la classe.

"Le sentiment de compétence des enseignants au service de l’inclusion", un projet porté par DESOMBRE Caroline, PU ESPE LNF, PSITEC (UDL) :

La littérature scientifique montre que les attitudes envers l’inclusion sont influencées par divers facteurs comme les caractéristiques des enseignants (ex. sexe, ancienneté), les caractéristiques des élèves (ex. type de troubles, ampleur des difficultés) et par le contexte institutionnel (ex. politique d’inclusion). Un projet antérieur soutenu par l’ESPE Lille Nord de France nous a permis de montrer que le sentiment d’efficacité personnel des enseignants est déterminant dans les différences d’attitudes entre enseignant-e-s spécialisés et enseignant-e-s ordinaires (Desombre, Lamotte, & Jury, 2019). Dans la continuité de ces travaux, nous souhaitons approfondir notre connaissance des éléments influençant les attitudes envers l’inclusion et notamment étudier le lien entre les valeurs personnelles de l’enseignant et ses attitudes envers l’inclusion.

"Lutter contre les Stéréotypes Sexués à l’École", un projet porté par DESOMBRE Caroline, PU ESPE LNF, PSITEC (UDL) :

La lutte contre les stéréotypes sexués est une préoccupation importante de l’institution scolaire. Elle présente un enjeu fort pour favoriser l’égalité des chances. De nombreux travaux ont été menés pour déterminer les effets de ces stéréotypes (sur l’orientation, la réussite, etc.). Dans ce programme de recherche, nous souhaitons (1) identifier le contenu des stéréotypes sexués des enseignants et des élèves, (2) voir l’effet des stéréotypes sur les élèves (en mathématiques pour les filles et sur l’attention et la concentration sur les garçons) et (3) mesurer l’effet de la semaine de lutte contre les stéréotypes visant à déconstruire les stéréotypes, semaine mise en œuvre dans l’académie.

"Quels supports sont les mieux adaptés pour améliorer les performances en lecture chez les enfants du cycle 3 ?", un projet porté par GIMENES Guillaume, MCF UDL, PSITEC (UDL) :

Les théories liées à la cognition incarnée (Barsalou, 2008) ont montré que le traitement d’un contenu pouvait être directement affecté par les caractéristiques de sa présentation. Une étude exploratoire réalisée auprès d’enfants de CM1 nous a permis de mettre en évidence que le seul poids du support (ex. cahier) pourrait expliquer près de 25% de la variation des performances en lecture. Ce projet de recherche a pour but d’investiguer davantage l’impact du médium sur les performances en lecture et les raisons potentielles de tels effets. Nous avons deux objectifs principaux : (1) Mesurer l’influence du support sur les performances en lecture sur des textes de difficultés différentes (faciles ou difficiles) (2) Approfondir la compréhension en intégrant le sentiment d’efficacité personnelle des élèves et leurs objectifs de maîtrise des outils numériques comme médiateurs des performances en lecture.

"SANORAL : Questionner la circulation de Savoirs et de Normes sur l’Alimentation à l’école : réseaux de médiations en contexte", un projet porté par KOVACS Susan, MCF UDL, GERiiiCO (UDL) :

Depuis plusieurs années l’éducation à l’alimentation est devenue un axe prioritaire à l’école, pour faire face notamment aux taux d’obésité et de surpoids en augmentation chez les jeunes. De nombreux enjeux sociétaux sont soulevés par cette éducation, notamment quand elle tend à favoriser l’implication d’acteurs économiques du secteur agro-alimentaire dans la création de dispositifs à visée éducative et info-communicationnelle, et quand elle tend, malgré la contribution d’acteurs et de discours multiples et hétérogènes, à l’imposition de comportements normés. Ce projet vise à identifier, à caractériser et à analyser, par le biais d’une enquête au sein de l’académie de Lille, les actions mises en œuvre dans le cadre de l’éducation en matière d’alimentation, dans le secondaire. Notre objectif est de produire une connaissance fine et contextualisée des discours multiples – et parfois en tension – mobilisés pour aborder l’alimentation et d’analyser les orientations données à cette éducation par les maillages de partenariats élaborés au sein des communautés éducatives de l’académie de Lille

"Impact des unités syllabiques dans l’apprentissage de la lecture", un projet porté par MAHÉ Gwendoline, MCF UDL, SCALab (UDL) :

L’apprentissage de la lecture repose fortement sur l’acquisition des correspondances lettres-sons. La plupart des travaux se sont centrés sur les liens lettres-phonèmes, alors que de nombreuses études ont mis en évidence un rôle majeur des unités syllabiques dans le traitement des mots écrits. L’objectif de ce projet est de comparer l’impact d’un entrainement lettres-phonèmes et lettres-syllabes sur l’acquisition des correspondances lettres-sons chez des enfants pré lecteurs. Des mesures électro physiologiques seront réalisées avant et après entrainement afin de mesurer : a) la mise en place de liens automatiques entre des unités orthographiques et leur prononciation ; et b) la mise en place d’une spécialisation pour le traitement du langage écrit. Les résultats permettront des avancées dans les méthodes d’apprentissage et de rééducation de la lecture.

"Décrochage scolaire, santé et activité physique (DSSAP)", un projet porté par MASSON Philippe et PORROVECCHIO Alessandro, MCF UDL, URePSSS (UDL) :

Lors des dernières années, la France a significativement réduit le nombre de décrocheurs scolaires : telle est la conclusion des dernières études internationales (CNESCO, 2017). Les études mettent en évidence le rôle important du sentiment d’appartenance à l’établissement scolaire et du bienêtre émotionnel des élèves pour les protéger d’une situation à risque de décrochage. Les praticiens préconisent également des approches plus systémiques et écologiques, tant les facteurs à l’origine du décrochage sont nombreux et en interaction. Le but de notre projet est de valider un outil de détection des situations à risque tout en montrant que l’activité physique, vecteur de sentiment d’appartenance, et le bien-être émotionnel, peuvent être des indicateurs clés d’identification d’élèves à risques potentiels de décrochage.

"Quels prérequis faut-il entraîner afin de faciliter les apprentissages mathématiques formels ?", un projet porté par MEJIAS Sandrine, MCF UDL, SCALab (UDL) :

Les compétences mathématiques précoces jouent un rôle essentiel dans la réussite scolaire (Mejias et al., 2019) et professionnelle (Rivera-Batiz, 1992). Si ces aptitudes sont importantes tout au long de la vie, l’impact du milieu socio-économique (MSE) sur le développement des compétences cognitives est aussi bien connu (Calvo & Bialystok, 2014) : pour les enfants issus d’un MSE faible, le taux de réussite en math diminue et le risque de chômage augmente (Jordan et al., 1994, 2006 ; Mejias & Schiltz, 2013). Compte tenu de ces données, il semble important d’étudier la spécificité de la formation initiale, d’examiner le type de matériel qui supporte idéalement le développement de ces apprentissages, tout en tenant compte du profil cognitif et environnemental des jeunes enfants. L’analyse des données issues du volet 1 de l’étude a permis d’affiner le matériel à utiliser lors du volet 2, principalement consacrée à l’étude de l’impact environnemental sur le développement des compétences mathématiques précoces.

"Accompagner le développement des élèves et des enseignants du secondaire par un dispositif participatif d’éducation à la citoyenneté. Quel travail éducatif ?", un projet porté par MELIN Valérie, MCF UDL, CIREL (UDL) :

Ce projet s’appuie sur les travaux de recherche développés par le laboratoire CIREL, et en particulier l’équipe Profeor-CIREL depuis quelques années sur le travail éducatif (Niewiadomski, Remoussenard 2018) tel qui se met en place par les outils pédagogiques élaborés dans le cadre des « éducations à … ». Ces dispositifs sont en particulier étudiés selon leur rôle dans le développement des élèves comme acteurs de leur citoyenneté (dispositifs de participation, de coopération et d’autonomie de jugement politique et moral, dispositifs de médiation par les pairs) et de leur projet personnel et professionnel (éducation à l’orientation, ateliers biographiques de projet, éducation à l’esprit d’entreprendre). En s’appuyant sur ces travaux de recherche, le présent projet vise à se centrer sur l’accompagnement des enseignants dans un dispositif d’éducation des élèves à la citoyenneté. Le projet s’inscrirait au croisement des cours de l’EMC et du parcours civique de l’élève qui « vise à la construction, par l’élève, d’un jugement moral et civique, à l’acquisition d’un esprit critique et d’une culture de l’engagement. »1 Il aurait deux dimensions principales : une dimension d’apprentissage expérientiel qui concerne à la fois l’individu et le groupe, et favorise une construction identitaire ; une dimension de conceptualisation des notions éthiques, juridiques et politiques pris comme objets de réflexion lors des séances de débat en classe.

"Profils de recrutement, modalités d’accompagnement et évolutions des positionnements professionnels des enseignants débutants", un projet porté par MIERZEJEWSKI Stéphan, MCF ESPE LNF, RECIFES (Université d’Artois) :

Le présent projet s’inscrit dans le prolongement de la réponse à l’AAP 2018 de l’ESPE Lnf dont le soutien a permis d’asseoir des résultats de recherche diffusés et validés par la communauté scientifique (sur l’impact des deux dernières réformes sur l’apprentissage du métier de professeur des écoles), ainsi que le recueil d’une importante masse de données permettant d’envisager des comparaisons fines avec les dynamiques repérables à différentes échelles (inter-académiques, inter degrés, intra-groupales). L’enjeu est maintenant d’exploiter cette masse de données, d’étendre les investigations au-delà des premières années d’enseignement et de poursuivre l’articulation de ce dispositif de recherche au processus d’innovation pédagogique engagé dans le cadre de l’accompagnement professionnel des fonctionnaires-stagiaires de l’ESPE Lnf depuis la rentrée 2017-2018 (Cf. le pendant de cette réponse à l’AAP 2019 au titre du volet Innovation pédagogique).

"Parcours scolaires de réussite "en contexte" des élèves de milieux populaires", un projet porté par MONFROY Brigitte, MCF ESPE LNF, CLERSE (UDL) :

Ce projet de recherche a pour objet l’analyse des parcours de réussites scolaire des élèves et étudiants de milieux populaires et des dispositifs scolaires – institutionnels et/ou pédagogiques – ayant favorisé cette réussite. L’originalité de ce projet est double : elle est d’une part, de s’intéresser aux parcours de réussite scolaires des élèves d’origine populaire, et non pas à leurs difficultés, et d’autre part d’appréhender la réussite scolaire « en contexte » intégrant dans l’analyse des dimensions spatiale, territoriale et institutionnelle des parcours des élèves, dimensions peu prises en compte généralement dans l’analyse des inégalités scolaires. Plusieurs terrains ont déjà été investis (un collège REP+, le dispositif PEI de Sciences-Po Lille, les Classes Préparatoires au Grandes Écoles du lycée Baggio de Lille). Nous entendons en 2019-2020 poursuivre nos investigations sur un nouveau terrain d’analyse (un collège REP du Bassin Minier) et finaliser le suivi longitudinal des parcours des élèves et étudiants ciblés pour l’étude, afin de tester une nouvelle hypothèse de travail : celle de l’influence de la mobilité scolaire et géographique dans la construction des parcours de réussite, de la scolarité secondaire jusqu’à l’entrée sur le marché du travail. Notre projet s’inscrit résolument dans une perspective de l’action publique, de la sociologie et de l’éducation ainsi que de la géographie sociale. Sur le plan problématique et théorique, l’originalité de notre travail porte sur l’analyse à plusieurs niveaux (macro, méso, micro) des principes de la réussite scolaire et sociale. Ces différents niveaux sont selon nous interdépendants et nous cherchons à rendre compte des systèmes d’interdépendance et d’interaction entre les parcours des individus et des dispositifs institutionnels territorialisés et mis en acte dans les établissements par les acteurs de terrain.

"Codage et modélisation - LEMME", un projet porté par MOULIN Marianne, MCF ESPE LNF, Laboratoire de Mathématique de Lens (Université d’Artois) :

En mathématiques et en sciences les élèves sont amenés à produire des représentations de situations ou de phénomènes. Qu’elles soient figuratives ou abstraites, les représentations jouent plusieurs rôles dans les apprentissages : compréhension, explication, communication, etc. Les recherches en didactique montrent qu’il est difficile pour les élèves de produire des représentations qui soient opératoires mais également de comprendre et d’utiliser les modèles institutionnalisés. Dans ce projet, nous souhaitons tester le potentiel de l’activité de codage d’albums pour développer chez les élèves des compétences relatives à la lecture, à l’utilisation et à la production de représentations. Nous avons en effet mis en évidence (projet 2018) que l’élaboration d’une représentation non figurative conduisait les élèves à mobiliser des processus relatifs à la schématisation, la modélisation et permettait de questionner le rôle du signe

"EPS et stratégies numériques : effets multiples (EPSNUM)", un projet porté par POTDEVIN François, MCF HDR UDL, URePSSS (UDL) :

La place du numérique dans les stratégies d’enseignement n’a cessé de croitre ces dernières années. D’un point de vue général, l’efficacité des TICE à l’école pour optimiser les apprentissages est loin d’être admis scientifiquement même si les études qui mettent en évidence un impact négatif sont extrêmement rares (Thibert, 2012). Notre projet a pour objectif de mesurer les effets multiples d’utilisation des nouvelles technologies en EPS sur différentes dimensions : motricité, capacité d’auto-évaluation, motivation, stress, bien être, plaisir d’apprendre, estime de soi. Notre méthodologie s’appuie sur des expérimentations en conditions réelles d’enseignement et tentent d’identifier les facteurs qui optimisent ou limitent les effets positifs de ce type de stratégies pédagogiques

"Activité Physiques et Sportives, Motivations, EPS (MOTIVES)", un projet porté par POTDEVIN François, MCF HDR UDL, URePSSS (UDL) :

Former des adultes capables de gérer leur vie physique et leur santé grâce à l’activité physique est le premier défi des enseignants d’Éducation Physique et Sportive. Différentes études ont mis en évidence l’effet déterminant du plaisir perçu lors de la pratique sportive pour augmenter le niveau d’engagement et de persistance dans les pratiques sportives au-delà de l’âge scolaire. Toutefois, la plupart des cadres théoriques proposés s’appuient sur des mécanismes motivationnels ne prenant pas en compte les spécificités des expériences émotionnelles relatives aux différents sports pratiqués. L’enjeu du projet « MOTIVES » version2 est d’élaborer un nouveau cadre théorique basés sur les expériences émotionnelles sportives et sur le concept de littératie physique. Ce travail poursuit une double ambition : mieux guider les choix programmatiques et les interventions afin d’impacter positivement la motivation et l’engagement des lycéens dans une pratique régulière hors de l’École.

"Analyse didactique des environnements numériques en classe", un projet porté par SALAGNAC Nathalie, MCF ESPE LNF, CIREL (UDL) :

Le projet Analyse didactique des environnements numériques en classe (ADEN) est porté par des enseignants-chercheurs de l’ÉSPÉ-LNF et de l’Université de Lille-SHS rattachés au laboratoire CIREL (EA 4354) et une partenaire de l’ÉSPÉ de Nice rattachée au laboratoire LINE. Il vise à mieux comprendre l’évolution des pratiques enseignantes et des contenus d’enseignement du fait de l’introduction en classe d’environnements numériques. Il s’organisait initialement autour de trois sous-projets : la classe inversée, les manuels numériques, et les ateliers collaboratifs qui se regroupent à présent pour analyser de façon concertée le recours aux espaces numériques (dans leur diversité et articulation) et leurs effets sur les compétences professionnelles développées et les compétences mobilisées par les élèves. Le symposium, vous avez dit mutation numérique ?, qui s’est tenu au CRIFPE à Montréal en avril 2019, montre des formes de résistances qui ne sont ni technophobes ni liées à l’aspect chronophage des actions engagées, mais aux contenus disciplinaires et aux pratiques multimodales. L’intégration du numérique en classe invite ainsi à une hybridation des contenus et des supports et éclaire une tension entre autonomisation des élèves et contraintes élargies. La suite de ce projet tente de mieux comprendre ces processus et leurs effets afin de trouver les leviers pour former les enseignants à l’intégration de ces environnements.

"MOTIF.. MOTIF..", un projet porté par SECQ Yann, MCF UDL, CRIStAL (UDL) :

Ce projet vise à caractériser les compétences d’identification de motifs redondants et leur synthèse dans le cadre d’activités d’initiation à la pensée informatique avec des élèves en section de grands et CP. Le projet bénéficie d’une expérimentation précédente à large échelle avec 500 élèves de CM1-CM2. Le but est ici d’adapter la séquence pédagogique à un public bien plus jeune et d’améliorer notre méthode d’évaluation afin de quantifier plus précisément les capacités d’identification et synthèse de motifs redondants. A moyen terme l’objectif est d’étudier l’impact d’une initiation à la pensée informatique sur l’apprentissage de la lecture ainsi que du calcul.

"Autoformation coopérative des enseignants et réussite scolaire", un projet porté par SOUPLET Catherine, MCF UDL, CIREL (UDL) :

Ce projet poursuit le travail engagé depuis fin 2017 sur la question de l’autoformation coopérative d’un groupe d’enseignants du premier degré, partenaires de la recherche, travaillant dans des établissements différents. Cette recherche revêt un caractère original en ce que les chercheurs ont accès aux documents partagés par ce groupe, et qu’ils assistent en tant qu’observateurs à leurs réunions de travail. Ces éléments constituent les données de la recherche et sont complétés par des entretiens individuels et collectifs. Leur analyse permet d’étudier en contexte la construction et le fonctionnement d’un groupe d’autoformation autonome par rapport aux dispositifs de formation proposés par l’Éducation nationale et par rapport aux mouvements pédagogiques existants. Cela donne également à voir la construction de positionnements pédagogiques, et de façons de penser disciplines scolaires et pratiques disciplinaires, en articulation avec une visée de lutte contre l’échec scolaire.

"Anxiété de performance et évaluation mathématique", un projet porté par VILETTE Bruno, PU UDL, PSITEC (UDL) :

L’anxiété de performance peut avoir un impact très négatif sur l’évaluation scolaire des compétences mathématiques. L’objectif de ce projet est de valider une méthode simple, applicable en classe, pour réduire cette anxiété de performance. Cette méthode est fondée sur le paradigme d’écriture expressive de Pennebaker (2004) qui a été largement appliqué pour remédier aux effets de certains troubles post-traumatiques, dépressifs et phobiques. Ce paradigme a également été employé pour réduire les effets de stress ressentis par les étudiants américains à l’entrée de l’université et dans la préparation des concours. Très récemment, nous avons adapté ce paradigme pour des élèves de fin de primaire (CM2) afin de réduire leur anxiété mathématique et améliorer leurs performances en situation d’évaluation (Vilette & Docus, 2019). Les résultats obtenus sont encourageants et motivent le présent projet pour étendre la méthode sur un échantillon plus important et recourir aux tablettes numériques.

"Étude du dispositif "Devoirs Faits" : constructions et pratiques effectives", un projet porté par ZAID Abdelkarim, PU ESPE LNF, CIREL (UDL) :

Prescrit depuis octobre 2017, « Devoirs Faits » est présenté par l’Éducation Nationale comme une mesure phare de la politique de lutte contre les inégalités scolaires. Au niveau régional, c’est un dispositif d’envergure qui recouvre 327 collèges de l’académie de Lille. Sa position au carrefour de différents enjeux et acteurs (les écoles, les élèves, les familles et les intervenants extérieurs) en fait un objet complexe. Les recherches antérieures sont plus anglophones que francophones et examinent, de manière quantitative, la corrélation entre réalisation des devoirs et différentes catégories de paramètres (facteurs exogènes aux devoirs, caractéristiques de la tâche/consigne, démarche en classe ou ressources méthodologiques, facteurs liés à la famille, suivi et interactions en classe). Ce projet se focalisera sur les processus d’enseignement et d’apprentissage spécifiques aux devoirs en considérant deux disciplines en particulier : le français et les mathématiques. Dans une perspective didactique et compréhensive, il visera à caractériser les inventions ordinaires que les acteurs de ce dispositif mettent en œuvre au quotidien pour aider les élèves, hors de la classe mais en lien avec ce qui s’y construit.